lun. Août 2nd, 2021
Mohammed VI

« Une véritable révolution sociale », selon le ministre marocain de l’Economie Mohamed Benchaaboun, qui a présenté les contours de la généralisation de la protection sociale devant le roi Mohammed VI, le 14 avril, au palais royal de Fès. Un programme historique et un projet sociétal d’une ampleur inédite, en vue de couvrir 22 millions de personnes supplémentaires en l’espace de deux années.

Retraite, couverture médicale, ou encore allocation familiale, autant de droits sociaux auxquels aspiraient ardemment les commerçants, les artisans, ainsi que plusieurs autres professions libérales. Des droits désormais atteignables, grâce au projet de la généralisation de la protection sociale.

51 milliards de dirhams, dont 23 milliards financés par le budget général de l’Etat, c’est le montant qui sera alloué annuellement à ce plan quinquennal. Mais, on n’est pas sans le savoir, le besoin est énorme en termes d’infrastructures et en termes de ressources humaines. Pour y parvenir, le royaume chérifien a opté pour l’ouverture de la pratique de la médecine aux compétences étrangères et l’encouragement des établissements internationaux de santé à investir au Maroc.

Si près de 22 millions de personnes sont concernées par ce projet d’envergure, le secteur agricole reste le plus concerné par les dispositions de généralisation de la couverture sociale.

Source principale de revenus pour des milliers de familles marocaines, l’agriculture est un des piliers de l’économie marocaine, qui contribue à hauteur de 14% au PIB national. Ce secteur assure 4 millions d’emplois à la population rurale estimée à 18 millions de personnes, ce qui représente 49% de l’ensemble des ménages au niveau national.

Cette réforme permettra ainsi à près de 1,6 million d’agriculteurs et leurs familles de bénéficier de l’Assurance maladie obligatoire (AMO) de base, en vertu de la convention-cadre qui a été signée en ce sens, mercredi devant le Roi Mohammed VI, engageant l’Etat à mettre en place les mécanismes nécessaires pour la mise en œuvre effective de l’AMO en faveur des agriculteurs et à réformer le système de santé national pour assurer des prestations de qualité aux assurés et leurs familles.

Une véritable bouffée d’oxygène, notamment pour cette catégorie socioprofessionnelle et qui contribuera à l’épanouissement des paysans et au développement du monde rural.

Bénéficiant dans un premier temps aux agriculteurs, artisans et professionnels de l’artisanat, aux commerçants, professionnels et prestataires indépendants soumis au régime de contribution professionnelle unique (CPU), au régime de l’auto-entrepreneur ou au régime de la comptabilité, le chantier royal de généralisation de la protection sociale s’étendra, dans un second temps, à d’autres catégories dans la perspective de la généralisation effective de la protection sociale à tous les citoyens.

Au-delà de ses répercussions bénéfiques sur le plan socioéconomique, ce projet permet, donc, un certain nombre de réalisations sur le plan social, dont le soutien au pouvoir d’achat, l’intégration du secteur informel, l’élargissement de l’assiette des adhérents aux régimes de prévoyance sociale ou encore l’indemnisation en cas de perte d’emploi.

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