lun. Avr 19th, 2021
L'Afrique du Sud lance un procès pour corruption à Zuma en mai

L’ancien président sud-africain Jacob Zuma et le marchand d’armes français Thales, accusés de corruption dans une affaire remontant à plus de deux décennies, seront jugés en mai, a décidé mardi la Haute Cour.

Zuma fait face à 16 accusations de fraude, de greffe et de racket concernant l’achat d’avions de combat, de patrouilleurs et de matériel militaire.

Il aurait pris des pots-de-vin de quatre millions de rands (270000 dollars) dans le cadre d’un contrat d’armement de 3,4 milliards de dollars avec le géant français de l’aérospatiale et de la défense Thales en 1999, alors qu’il était vice-président.

Le juge Nkosinathi Chili de la Haute Cour de Pietermaritzburg a déclaré que l’affaire était certifiée prête pour le procès et serait entendue entre le 17 mai et le 20 juin 2021.

« Le tribunal ordonne ce qui suit: Premièrement, l’affaire est certifiée prête à être jugée conformément à la directive du juge-président sur les audiences préliminaires du tribunal pénal en date du 7 novembre 2018 », a-t-il déclaré.

Zuma n’était pas présent pour l’annonce.

L’affaire a été reportée en décembre dernier, lorsque Thales a contesté les accusations de racket liées à l’accord d’armement.

Mais un tribunal a rejeté la contestation le 22 janvier, une décision que Thales a déclaré ne pas contester.

Le parquet et les avocats de la défense avaient demandé au tribunal de mise en état un délai supplémentaire.

Ils ont cité entre autres les restrictions de Covid sur les voyages internationaux qui pourraient entraver la disponibilité de témoins vivant à l’étranger.

Zuma, 78 ans, qui a été contraint de démissionner en 2018 par le Congrès national africain (ANC) après neuf ans au pouvoir, est séparément accusé d’avoir permis le pillage incontrôlé des biens de l’État au cours de son mandat.

Le panel judiciaire qui a enquêté sur cette prétendue greffe a demandé lundi des ordonnances d’emprisonner Zuma pendant deux ans pour avoir défié une ordonnance du tribunal l’obligeant à témoigner.

L’ex-chef en difficulté a refusé à plusieurs reprises les convocations de la commission, affirmant que son président, le juge en chef adjoint Raymond Zondo, était partial.

Il n’a témoigné qu’une seule fois, en juillet 2019, avant d’organiser un débrayage quelques jours plus tard.

Les conclusions de la commission anti-corruption ne mèneront pas directement à des mises en accusation mais pourront être transmises au parquet pour d’éventuelles charges.

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