lun. Août 2nd, 2021
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L’arrestation de Sonko, populaire auprès des jeunes et considérée comme un challenger clé du président Macky Sall, a déclenché les pires troubles depuis des années dans un État ouest-africain souvent présenté comme un phare de stabilité.

Ses partisans avaient appelé à de nouvelles manifestations pour coïncider avec son audition devant un juge vendredi sur des accusations d’ordre troublant.

« Sonko a été renvoyé en garde à vue pour cause de trouble à l’ordre public », a déclaré l’avocat Etienne Ndione à la presse après l’audience.

Les tensions étaient vives dans la ville avec de lourds déploiements de policiers en place autour du palais de justice, du palais présidentiel et de l’Assemblée nationale au cœur de la ville.

Des affrontements ont éclaté mercredi entre les partisans de Sonko et la police alors qu’il se dirigeait vers le tribunal pour une autre affaire dans laquelle il faisait face à des accusations de viol – des allégations qu’il nie.

Sonko a ensuite été arrêté pour atteinte à l’ordre public, une évolution qui a déclenché des manifestations de colère dans la capitale et dans d’autres villes.

L’ordonnance de garde émise vendredi, qui concerne spécifiquement le dossier d’ordre public, expire dimanche.

Il n’a pas été inculpé vendredi dans l’affaire de viol et retourne au tribunal lundi pour avoir été interrogé sur ces accusations, ont déclaré ses avocats.

– Médias ciblés –
Une personne est décédée jeudi dans la ville méridionale de Bignona, a indiqué la police, lors d’affrontements. Il n’était pas clair si cette mort était incluse dans les quatre révélées par Abdoulaye Diome.

Des manifestants ont attaqué les bureaux du quotidien gouvernemental Le Soleil et la radio RFM, qui appartient à un groupe de presse appartenant au chanteur et ancien ministre Youssou Ndour. Les deux médias sont considérés comme pro-gouvernementaux.

Sonko, un musulman pieux âgé de 46 ans et chef du parti d’opposition Pastef, est populaire auprès de nombreux jeunes sénégalais en raison de ses attaques acerbes contre l’élite, en particulier le président Sall.

Mais son avenir politique a été soudainement assombri le mois dernier lorsque des accusations de viol ont été déposées contre lui par un employé d’un salon où, a-t-il dit, il est allé se faire masser le dos.

Il nie les accusations et accuse Sall d’avoir conspiré pour le mettre à l’écart de la politique.

Le gouvernement a mis en garde jeudi « certains médias » contre la poursuite de ce qu’il a appelé une couverture « tendancieuse » des événements.

Les autorités de régulation ont suspendu deux chaînes de télévision locales, Sen TV et Walf TV, pendant 72 heures, les accusant de diffuser sans relâche des images des troubles.

Dans un communiqué, Amnesty International a appelé les autorités sénégalaises « à mettre immédiatement un terme aux arrestations arbitraires d’opposants et de militants, à respecter la liberté de réunion pacifique et la liberté d’expression ».

Il a également exhorté les autorités à « faire la lumière sur la présence d’hommes armés de matraques à côté des forces de sécurité ».

Netblocks, une organisation qui surveille les perturbations d’Internet, a déclaré que les médias sociaux et les applications de messagerie, y compris Facebook, YouTube et WhatsApp, avaient été affectés par des restrictions.

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